Comment étaient fabriqués les outils à la préhistoire ? Le nucléus
I / Préambule
Le Nucléus est le bloc de matière première d’où l’on détache par percussion ou par pression des éclats, lames ou lamelles appelés produits de débitage. Ces produits sont habituellement destinés à être utilisés comme outils après transformation par retouches, mais également à l’état brut.
II / Matière première
Nombreuses sont les roches pouvant être débitées, mais le résultat varie en fonction de leur aptitude à la taille. En fonction de ses besoins, l’homme a su choisir les bonnes variétés. Parmi celles-ci, le silex a été utilisé tôt dans la préhistoire car il se taillait bien et ses éclats étaient particulièrement coupants.
Cette roche se trouve dans la nature sous forme de rognons, de galets ou de plaques. A sa périphérie, il présente une croûte : le cortex. Lorsqu’il est taillé, la surface des fragments va souvent se modifier. C’est ce qu’on appelle la patine, pénétrant de façon variable la matière et reconnaissable à une teinte particulière.
Par contre, dans certaines régions, l’absence ou la rareté du silex obligeait les hommes à chercher d’autres roches comme le grès, le quartzite, le jaspe ou des roches éruptives comme l’obsidienne.
III / Morphologie
2 éléments caractérisent le nucléus :
1 / le plan de frappe (ou de pression) : partie sur laquelle on frappe ou on presse, et qui peut être « lisse » (formé par l’empreinte d’un enlèvement), « cortical » (zone encore recouverte de cortex), ou bien « préparé » (modifié par des retouches pour améliorer l’impact) ; au cours du débitage, un plan de frappe inadapté pour la poursuite du travail peut être enlevé sous forme d’éclat épais, en tablette : c’est le « ravivage » ;
2 / la surface débitée : partie formée par les empreintes (ou « négatifs d’enlèvement ») laissées sur le nucléus après détachement de chaque éclat ou lame.
IV / Préparation du nucléus
Obtenir des éclats quelconques ne demande qu »une matière première de bonne qualité et la préparation d’un plan de frappe. Mais ceci demande au préalable une préparation précise du nucléus, car la forme de l’éclat ou de la lame est pré déterminée par cette mise en forme.
V / Nucléus sur éclat, nucléus sur lame
Un gros éclat peut servir de nucléus et le débitage peut se faire à partir de sa face inférieure ou d’éclatement. La seule préparation nécessaire est celle du ou des plans de frappe. On appelle cette méthode » débitage Kombewa » (d’une localité du Kenya). Des éclats « Kombewa » peuvent également être produits lors de la retouche d »un éclat que l’on transforme en biface ou en grattoir. Cette méthode est alors reconnue au Paléolithique inférieur, au Paléolithique moyen et même au Néolithique récent.
Certains outils sur éclat ou sur lame sont maintenant considérés comme des nucléus.



















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