En savoir plus sur … l’Acheuléen
I / D’où provient ce nom ?
Le terme « Acheuléen » doit son nom au site de Saint-Acheul, quartier situé à l’est de la ville d’Amiens (80), où il a été décrit pour la première fois par Gabriel de Mortillet en 1872.
II / Comment a été découverte cette civilisation ?
C’est durant la seconde moitié du XIXème et le début XXème siècle que sont mis à jour des outils en silex taillés sur le site de Saint-Acheul. La technique de taille particulière de ces outils leur donnera le nom de « bifaces », et on parle aujourd’hui de technique « acheuléenne ».
De renommée mondiale, le site de Saint-Acheul a été aménagé pour valoriser un des plus anciens témoignages de notre patrimoine, grâce notamment à des sentiers naturels accompagnés de panneaux explicatifs permettant de remonter le temps sur plus de 450 000 ans. Il est classé depuis 1947 au titre des Monuments Historiques et ouvert au public depuis 1998.
III / De quand date l’Acheuléen ?
L’Acheuléen succède à l’Oldowayen en Afrique de l’Est où il est daté de 1,76 million d’années avant notre ère dans le site de Kokiselei, sur les rives du lac Turkana (Kenya). Les sites de cette époque sont extrêmement nombreux en Afrique, mais on retient surtout les noms d’Olorgesailie, Kilombe, Isenya (Kenya), Gadeb (Ethiopie), La Kamoa (Congo), et Tabelbala-Tachenghit (Algérie). L’Acheuléen atteint ensuite le Moyen-Orient, l’Inde, puis l’Europe.
En Inde, on le trouve dès 1,5 Ma avant notre ère. En Europe, l’Acheuléen succède au Chelléen ou Abbevillien (équivalent de l’Oldowayen), et est actuellement attesté d’environ 665 000 à 300 000 ans avant notre ère. Toutefois, des recherches récentes montreraient que des bifaces auraient été fabriqués il y a plus de 900 000 ans en Espagne.
IV / Comment a-t-il évolué ?
Dans certaines régions, l’Acheuléen comporte un stade final désigné sous le nom de Micoquien (de « La Micoque », site célèbre situé sur la commune des Eyzies-de-Tayac, en Dordogne). Dans d’autres le passage de l’Acheuléen au Paléolithique moyen est plus ou moins progressif : disparition des bifaces, généralisation du débitage Levallois, développement et standardisation de l’outillage sur éclat, etc. Les industries du début du Paléolithique moyen comportant encore des bifaces aux côtés d’outils sur éclat sont dites « moustériennes de tradition acheuléenne ».
V / Quels sont les principaux outils utilisés ?
Les outils caractéristiques de l’Acheuléen sont les bifaces et les hachereaux.
1 / Les bifaces : grands outils façonnés, sculptés progressivement sur leurs deux faces pour rendre aigus les bords proches de leur pointe.
2 / Les hachereaux : outils très particuliers réalisés sur de grands éclats retouchés en préservant un tranchant brut très aigu à une extrémité ; leur réalisation est considérée par certains auteurs comme un trait culturel fort de l’Acheuléen, et l’étude de leur répartition permet de suivre la diffusion de l’Acheuléen depuis l’Afrique jusqu’à l’Eurasie.
VI / Que sait-on des hommes qui vivaient à cette époque ?
Le type d’Hominidé ayant produit ces outils demeure sujet à débats. Pour l’apparition et la diffusion de l’Acheuléen en Afrique, il s’agit vraisemblablement d’Homo ergaster. En Asie du sud-ouest, les fossiles de cette période sont encore trop peu nombreux pour pouvoir conclure. Pour l’introduction en Europe au milieu du Pléistocène, il s’agirait apparemment d’Homo heidelbergensis.
L’homme de l’acheuléen, qui a précédé l’homme de Néandertal, devait avoir une taille d’environ 1m60, les arcades sourcilières assez proéminentes, le front fuyant, le menton très effacé, voire inexistant, et une capacité crânienne des 2/3 de celle de l’homme actuel.
VII / Quelle est la découverte majeure lors de l’Acheuléen ?
La fin du Paléolithique inférieur est marquée par la domestication du feu. Les plus anciens foyers incontestables apparaissent à partir d’environ 400 000 ans avant le présent (Terra Amata à Nice, Menez Dregan en Bretagne, Véertesszölös en Hongrie) et se multiplient vers 200 000 ans avant le présent (Orgnac III en Ardèche, Cagny l’Épinette dans la Somme, Bilzingsleben en Allemagne, Torralba et Ambrona en Espagne). La domestication du feu a donc précédé le passage à l’industrie moustérienne, qui apparaît vers 300 000 ans avant notre ère.
VIII / Quels vestiges acheuléens pouvons-nous trouver actuellement dans la région ?
En Saintonge romane, les stations de surface où l’on peut découvrir des vestiges acheuléens dans leur intégralité sont particulièrement rares. La découverte d’outils acheuléens reste la plupart du temps exceptionnelle. Seuls quelques champs situés à côté du hameau de Saint-James, sur la commune de Port-d’Envaux, restituent encore des outils, souvent très usés, de l’Acheuléen (grattoirs, perçoirs, pointes de type Levallois, bifaces).
2 commentaires »
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Je désire savoir si la documentation scientifique connaît l’existence des instruments acheuléens qui auraient été découverts à 07240 VERNOUX (Jean Régné, Histoire du Vivarais, 1914, T 1, page 84).
Nature des outils, photographies, datation ?
Merci d’avance,
Bertrand Le Tourneau
D’abord ….Bonjour !!!!! Comme je m’intéresse surtout à la préhistoire de ma région, je ne connais malheureusement pas tout. Je ne saurai donc vous répondre. Préhistoire17